Les experts tirent la sonnette d’alarme sur la perspective de donner un statut juridique aux robots

À l’ère actuelle où l’évolution bat son plein, le statut juridique des robots devient un débat public. Face à cette polémique, les experts de l’intelligence artificielle se voient dans l’obligation de réagir. Ces derniers sonnent l’alerte et affirment que cette nouvelle personnalité électronique pourrait entrainer des conséquences qui seraient dignes des films de science-fiction.

 

Des risques d’entrer dans une ère de science-fiction

Ce fut dans une lettre à l’adresse de la Commission européenne que 156 experts de l’intelligence artificielle se sont fait entendre. Cette lettre, qui a été dévoilée le jeudi 12 avril, alerte Bruxelles concernant le danger de donner un statut juridique aux robots. Selon ces experts, accorder la citoyenneté aux robots risquerait d’entrainer des dérives qui seraient par la suite assez difficiles à gérer. Certes, il ne s’agit pas d’un film d’Isaac Asimov, bien que celui-ci ait eu une sorte de prémonition en 1967. Cependant, là il ne s’agit pas de se contenter des trois lois de la robotique. Si un robot devient un citoyen, cela signifie qu’il aura bien des droits et des devoirs par rapport à la Constitution. Les 156 experts sont septiques par rapport au fait que les machines puissent être tenues pour responsables de leurs actions. Ces experts regroupent des scientifiques, des leaders industriels et des juristes de 14 pays. Il ne s’agit pas d’un jeu selon eux, mais de l’avenir de l’humanité. De plus, selon ces mêmes experts, les constructeurs augmentent les capacités intellectuelles de ces robots dotés de l’intelligence artificielle à travers la publicité.

Des « personnalités électroniques »

Les signataires de la lettre adressée à la Commission européenne condamnent un rapport du parlement européen qui a été publié en début 2017. Dans ce rapport, un paragraphe particulièrement discret des législateurs suggère que l’on devrait attribuer des « personnalités électroniques » aux robots. Ainsi, ces derniers seraient individuellement assurés et tenus pour responsables en cas de dommage causé à un tiers ou à des biens. Les constructeurs pensent qu’une révolution juridique de cette ampleur serait une bonne chose. Ainsi, l’intelligence artificielle aurait un statut de personne morale. Le but de cette démarche serait de déresponsabiliser les fabricants en cas de pépins. Par exemple, dans le cas où un robot serait au volant d’une voiture et ferait un accident, causant ainsi un accident pour un tiers. Qui en sera le responsable ? Le passager-accompagnateur du robot, le fabricant ou encore la voiture ? Le fait d’octroyer une personnalité juridique à un robot serait inapproprié et poserait de sérieux problèmes, tant éthiques que légaux. Selon les experts, les fabricants ne cherchent qu’à profiter des peurs d’un public impressionnable afin de se dédouaner de toute responsabilité envers les robots.

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