PER et Retraite Progressive : Guide Complet des Règles Fiscales et Stratégies d’Optimisation

La retraite progressive permet aux salariés proches de l’âge légal de départ de réduire leur activité tout en percevant une partie de leur pension. Parallèlement, le Plan d’Épargne Retraite (PER) s’est imposé comme un dispositif majeur d’épargne avec ses propres mécanismes fiscaux. La combinaison de ces deux dispositifs soulève des questions complexes en matière de fiscalité. Comment sont imposés les versements sur un PER pendant une retraite progressive? Quelles sont les règles applicables aux retraits? Quelles stratégies adopter pour optimiser sa situation fiscale? Ce guide détaille l’ensemble des règles fiscales applicables au PER dans le contexte spécifique d’une retraite progressive, avec un éclairage particulier sur les opportunités d’optimisation et les pièges à éviter.

Fondamentaux du PER et de la Retraite Progressive

Pour comprendre les enjeux fiscaux de la combinaison PER et retraite progressive, il convient d’abord de maîtriser les caractéristiques fondamentales de ces deux dispositifs. Le Plan d’Épargne Retraite est un produit d’épargne-retraite créé par la loi PACTE de 2019, visant à simplifier et harmoniser les dispositifs d’épargne-retraite préexistants. Il se décline en trois formules principales : le PER individuel, le PER d’entreprise collectif et le PER d’entreprise obligatoire.

La retraite progressive, quant à elle, est un mécanisme permettant aux actifs de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de leur pension de retraite. Ce dispositif est accessible dès l’âge de 60 ans (pour les générations nées avant juillet 1961) ou deux ans avant l’âge légal de départ à la retraite (pour les générations suivantes), à condition de justifier d’au moins 150 trimestres validés pour la retraite.

La particularité de la situation réside dans le statut hybride du bénéficiaire d’une retraite progressive : il est simultanément actif et retraité. Cette dualité génère des interrogations légitimes sur le traitement fiscal des opérations liées au PER, tant pour les versements que pour les retraits.

Caractéristiques du PER

Le PER présente plusieurs caractéristiques déterminantes pour sa fiscalité :

  • Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de plafonds annuels
  • L’épargne est en principe bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi
  • À la sortie, les sommes peuvent être récupérées sous forme de capital, de rente viagère, ou d’une combinaison des deux

Pour un salarié en retraite progressive, ces caractéristiques prennent une dimension particulière. En effet, son statut hybride soulève la question de la déductibilité des versements et du régime applicable aux éventuels retraits.

Spécificités de la retraite progressive

La retraite progressive permet de percevoir :

  • Un salaire proportionnel au temps de travail maintenu
  • Une fraction de la pension de retraite, calculée selon une formule tenant compte du temps de travail

Pour un temps de travail de 80%, par exemple, le salarié percevra 80% de son salaire et 20% de sa pension de retraite. Cette situation particulière crée un contexte fiscal spécifique, notamment concernant l’application des plafonds de déductibilité des versements sur un PER et le traitement fiscal des retraits.

La compréhension de ces mécanismes de base est indispensable pour appréhender les subtilités fiscales qui régissent l’interaction entre le PER et la retraite progressive. Cette connaissance préalable permet d’aborder sereinement les questions plus techniques relatives à la fiscalité des versements et des retraits dans ce contexte particulier.

Fiscalité des Versements sur un PER pendant la Retraite Progressive

L’un des principaux avantages du PER réside dans la déductibilité fiscale des versements volontaires. Pour un salarié en retraite progressive, cette déductibilité soulève plusieurs questions spécifiques liées à son statut particulier, à mi-chemin entre activité et retraite.

Maintien du droit à déduction fiscale

Bonne nouvelle pour les bénéficiaires d’une retraite progressive : ils conservent intégralement leur droit à déduire leurs versements volontaires sur un PER de leur revenu imposable. L’administration fiscale considère en effet qu’ils demeurent des contribuables actifs, puisqu’ils continuent à exercer une activité professionnelle, même à temps partiel.

Cette position est confirmée par la doctrine administrative, qui reconnaît explicitement le maintien du droit à déduction pour les personnes en situation de retraite progressive. Ce point est fondamental, car il permet aux intéressés de continuer à bénéficier d’un avantage fiscal significatif pendant cette phase transitoire vers la retraite complète.

Calcul des plafonds de déductibilité

Si le principe de déductibilité est maintenu, le calcul des plafonds applicables mérite une attention particulière. Pour rappel, les versements volontaires sur un PER sont déductibles dans la limite d’un plafond global calculé selon la formule suivante :

  • 10% des revenus professionnels de l’année précédente, nets de frais professionnels, dans la limite de 8 PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale)
  • ou 10% du PASS de l’année précédente si ce montant est plus élevé

Pour un salarié en retraite progressive, la base de calcul de ce plafond est constituée par ses seuls revenus d’activité, à l’exclusion de la fraction de pension de retraite qu’il perçoit parallèlement. Cette distinction est fondamentale : seul le salaire correspondant au temps partiel travaillé est pris en compte pour déterminer le plafond de déductibilité.

À titre d’exemple, un salarié travaillant à 50% dans le cadre d’une retraite progressive verra son plafond de déductibilité calculé sur la base de 50% de son ancien salaire à temps plein. Cette réduction mécanique du plafond peut limiter significativement l’avantage fiscal lié aux versements sur un PER.

Utilisation des plafonds non exploités des années antérieures

Une stratégie d’optimisation fiscale consiste à utiliser les plafonds de déduction non exploités des trois années précédentes. Cette possibilité, connue sous le nom de « disponible fiscal« , prend une importance particulière pour les personnes en retraite progressive.

En effet, lors du passage à temps partiel, le plafond annuel de déductibilité diminue mécaniquement. L’utilisation des plafonds non consommés des années antérieures (lorsque le contribuable travaillait à temps plein) permet de maintenir une capacité de déduction substantielle malgré la baisse des revenus d’activité.

Pour mettre en œuvre cette stratégie, le contribuable doit identifier précisément son disponible fiscal des trois années précédentes. Cette information est accessible sur son espace personnel du site des impôts ou peut être obtenue auprès de son centre des finances publiques.

Impact sur le taux marginal d’imposition

La déduction des versements sur un PER peut avoir un impact significatif sur le taux marginal d’imposition (TMI) du contribuable. Pour une personne en retraite progressive, cet aspect revêt une importance particulière.

En effet, la perception simultanée d’un salaire (même réduit) et d’une fraction de pension peut maintenir le contribuable dans une tranche d’imposition élevée. Des versements judicieusement calibrés sur un PER peuvent permettre de basculer dans une tranche inférieure, générant une économie d’impôt substantielle.

Cette optimisation doit être réalisée en tenant compte de la fiscalité future des retraits, afin d’éviter un effet d’aubaine temporaire qui se révélerait désavantageux à long terme. Une analyse personnalisée, prenant en compte l’ensemble de la situation fiscale du contribuable et ses perspectives d’évolution, est indispensable pour déterminer la stratégie optimale.

Traitement Fiscal des Retraits du PER pendant la Retraite Progressive

La question des retraits du PER pendant la période de retraite progressive constitue un point délicat, tant sur le plan réglementaire que fiscal. Cette situation particulière soulève des interrogations spécifiques quant à la possibilité même d’effectuer des retraits et à leur traitement fiscal.

Possibilité de déblocage anticipé

Le principe général du PER est le blocage des fonds jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé limitativement énumérés par la loi. La question fondamentale est donc : la retraite progressive constitue-t-elle un cas de déblocage anticipé au même titre que la retraite définitive?

La réponse est nuancée et dépend du type de PER concerné :

  • Pour le PER individuel et le PER d’entreprise collectif : la retraite progressive ne constitue pas, en principe, un cas de déblocage anticipé. Les fonds restent bloqués jusqu’à la liquidation définitive des droits à la retraite.
  • Pour le PER d’entreprise obligatoire (ancien article 83) : la situation est plus favorable. L’article L224-4 du Code monétaire et financier prévoit explicitement que la mise en œuvre du régime de retraite progressive constitue un cas de déblocage anticipé pour cette catégorie spécifique de PER.

Cette distinction crée une asymétrie de traitement entre les différents types de PER, qu’il convient de bien intégrer dans sa stratégie d’épargne-retraite.

Fiscalité applicable aux retraits autorisés

Lorsque les retraits sont possibles, leur traitement fiscal dépend de plusieurs facteurs :

Pour les retraits en capital :

  • La part correspondant aux versements volontaires ayant fait l’objet d’une déduction fiscale est soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu
  • Les plus-values générées sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% (ou sur option au barème progressif de l’IR)

Pour les retraits sous forme de rente viagère :

  • La rente issue de versements volontaires déduits est imposée selon le régime des pensions et retraites (barème progressif après abattement de 10%)
  • La rente issue de versements non déduits bénéficie du régime plus favorable des rentes viagères à titre onéreux (imposition partielle selon l’âge)

Dans le contexte spécifique de la retraite progressive, ces règles s’appliquent sans modification particulière. Toutefois, leur impact doit être analysé en tenant compte de la situation fiscale globale du contribuable, qui perçoit simultanément des revenus d’activité et une fraction de sa pension de retraite.

Cas particulier des versements issus de l’épargne salariale

Les sommes issues de l’intéressement, de la participation ou de l’abondement de l’employeur transférées vers un PER bénéficient d’un régime fiscal spécifique à la sortie :

  • En cas de sortie en capital : seules les plus-values sont imposables (au PFU de 30% ou au barème progressif sur option)
  • En cas de sortie en rente : application du régime des rentes viagères à titre onéreux

Pour un salarié en retraite progressive qui continue à bénéficier de dispositifs d’épargne salariale, cette spécificité peut constituer un avantage significatif, notamment dans une optique de sortie en capital.

Stratégies de retraits pendant la retraite progressive

Pour les titulaires d’un PER d’entreprise obligatoire qui peuvent effectuer des retraits pendant la retraite progressive, plusieurs stratégies peuvent être envisagées :

1. Retraits fractionnés : Plutôt que de retirer l’intégralité du capital disponible, des retraits échelonnés peuvent permettre de lisser l’impact fiscal sur plusieurs années

2. Arbitrage entre capital et rente : La possibilité de combiner sortie en capital et sortie en rente offre des opportunités d’optimisation fiscale, en fonction de la situation personnelle du contribuable

3. Coordination avec d’autres revenus : Les retraits doivent être planifiés en tenant compte des autres revenus perçus (salaire à temps partiel, fraction de pension de retraite) pour maîtriser la progressivité de l’impôt

Ces stratégies doivent faire l’objet d’une analyse personnalisée, prenant en compte l’ensemble des paramètres fiscaux et patrimoniaux du contribuable.

Stratégies d’Optimisation Fiscale PER pendant la Retraite Progressive

La période de retraite progressive offre des opportunités d’optimisation fiscale spécifiques concernant le PER. Ces stratégies doivent être élaborées en tenant compte des caractéristiques propres à cette phase transitoire, qui combine revenus d’activité réduits et perception partielle d’une pension de retraite.

Calibrage optimal des versements

L’un des premiers leviers d’optimisation consiste à calibrer précisément les versements sur le PER pendant la période de retraite progressive. Cette optimisation repose sur plusieurs considérations :

Analyse du taux marginal d’imposition actuel et futur : La déduction des versements est d’autant plus avantageuse que le taux marginal d’imposition est élevé. Il convient donc de comparer le TMI pendant la retraite progressive avec celui anticipé pendant la retraite complète. Si le TMI actuel est supérieur au TMI futur, la déduction présente un intérêt fiscal certain.

Utilisation stratégique des plafonds disponibles : Comme évoqué précédemment, la mobilisation des plafonds non utilisés des trois années antérieures peut permettre de maintenir une capacité de déduction significative malgré la baisse des revenus d’activité.

Lissage de l’impôt : Des versements judicieusement calibrés peuvent permettre de lisser l’impôt sur plusieurs années, en évitant les pics d’imposition liés à la perception simultanée de revenus d’activité et d’une fraction de pension.

À titre d’exemple, un cadre supérieur dont le TMI est de 41% pendant sa retraite progressive (contre un TMI anticipé de 30% à la retraite complète) aurait intérêt à maximiser ses versements déductibles pendant cette période transitoire.

Arbitrages entre les différents compartiments du PER

Le PER se caractérise par une structure en compartiments, chacun correspondant à une origine des fonds et à un régime fiscal spécifique. Cette architecture offre des possibilités d’arbitrage stratégique :

  • Compartiment des versements volontaires : Possibilité de choisir entre déduction fiscale à l’entrée (avec imposition à la sortie) ou non-déduction (avec fiscalité allégée à la sortie)
  • Compartiment de l’épargne salariale : Alimentation par transfert de sommes issues de l’intéressement, de la participation ou de l’abondement
  • Compartiment des versements obligatoires : Réservé aux versements effectués dans le cadre d’un PER d’entreprise obligatoire

Pendant la retraite progressive, plusieurs stratégies d’arbitrage peuvent être envisagées :

1. Privilégier les versements volontaires déduits si le TMI actuel est supérieur au TMI anticipé à la retraite

2. Opter pour des versements non déduits si la perspective d’une fiscalité allégée à la sortie (notamment en cas de transmission) prime sur l’avantage fiscal immédiat

3. Maximiser les transferts d’épargne salariale vers le PER pour bénéficier de leur régime fiscal avantageux à la sortie

Ces arbitrages doivent être réalisés en fonction des objectifs personnels du contribuable et de sa situation fiscale globale.

Coordination avec d’autres dispositifs d’épargne-retraite

La période de retraite progressive est propice à une réflexion globale sur l’ensemble des dispositifs d’épargne-retraite détenus par le contribuable. Cette coordination peut prendre plusieurs formes :

Transferts vers le PER : La retraite progressive peut être l’occasion de rationaliser son épargne-retraite en transférant vers le PER des dispositifs anciens (PERP, Madelin, Article 83…). Ces transferts doivent être analysés en tenant compte des frais applicables et des garanties éventuellement perdues.

Articulation avec l’assurance-vie : La complémentarité entre PER et assurance-vie peut être exploitée pendant la retraite progressive. Par exemple, des retraits partiels sur une assurance-vie ancienne (bénéficiant d’une fiscalité avantageuse) peuvent financer des versements déductibles sur un PER.

Gestion de l’épargne salariale : Pour un salarié en retraite progressive qui continue à bénéficier de dispositifs d’épargne salariale, des arbitrages stratégiques entre déblocage immédiat, maintien dans un PEE ou transfert vers un PER doivent être envisagés.

Optimisation de la sortie du PER

Même si la sortie complète du PER n’intervient généralement qu’à la retraite définitive, la période de retraite progressive est l’occasion de préparer cette échéance :

Choix entre capital et rente : La réflexion sur le mode de sortie optimal (capital, rente ou combinaison des deux) doit intégrer des considérations fiscales, patrimoniales et de protection du conjoint.

Planification des retraits en capital : Si une sortie en capital est envisagée, sa planification doit tenir compte de la progressivité de l’impôt sur le revenu et de l’évolution prévisible des autres revenus.

Optimisation de la rente : Le choix des options de rente (réversion, annuités garanties…) a un impact direct sur son montant et sur sa fiscalité, notamment dans une optique de transmission au conjoint.

Ces stratégies d’optimisation fiscale doivent s’inscrire dans une approche globale, intégrant l’ensemble des paramètres financiers, fiscaux et patrimoniaux du contribuable. Une analyse personnalisée, éventuellement accompagnée par un professionnel du conseil patrimonial, est souvent nécessaire pour déterminer la stratégie optimale.

Aspects Pratiques et Recommandations Personnalisées

Au-delà des considérations théoriques, la gestion fiscale du PER pendant la retraite progressive soulève des questions pratiques qui méritent une attention particulière. Cette section aborde ces aspects concrets et propose des recommandations adaptées à différentes situations personnelles.

Démarches administratives spécifiques

La mise en place d’une stratégie fiscale optimale concernant le PER pendant la retraite progressive nécessite plusieurs démarches administratives :

Justification du statut de retraité progressif : Pour bénéficier des règles fiscales spécifiques à cette situation, notamment concernant les possibilités de déblocage anticipé du PER d’entreprise obligatoire, il est nécessaire de fournir à l’établissement gestionnaire du PER une attestation de retraite progressive délivrée par la CARSAT ou autre caisse de retraite compétente.

Demande de disponible fiscal : Pour optimiser l’utilisation des plafonds de déduction non consommés des années antérieures, il peut être utile de demander un relevé détaillé de son disponible fiscal auprès de son centre des impôts.

Déclaration fiscale adaptée : Les versements déductibles sur un PER doivent être correctement renseignés dans la déclaration annuelle de revenus. Une attention particulière doit être portée aux cases spécifiques concernant les plafonds de déduction et aux justificatifs à conserver.

Profils types et recommandations personnalisées

Les stratégies optimales varient considérablement selon le profil du contribuable en retraite progressive. Voici quelques recommandations adaptées à différents profils types :

Cadre supérieur avec TMI élevé :

  • Maximiser les versements déductibles sur le PER pour réduire l’assiette imposable
  • Utiliser pleinement le disponible fiscal des années antérieures
  • Envisager des arbitrages depuis une assurance-vie vers un PER pour amplifier l’avantage fiscal

Salarié avec revenus modérés :

  • Évaluer précisément l’intérêt de la déduction fiscale en fonction du TMI actuel et futur
  • Privilégier éventuellement les versements non déduits pour bénéficier d’une fiscalité allégée à la sortie
  • Coordonner les versements sur le PER avec d’autres dispositifs d’épargne pour préserver la liquidité du patrimoine

Travailleur non-salarié en retraite progressive :

  • Analyser l’opportunité de transférer un ancien contrat Madelin vers un PER
  • Optimiser les versements déductibles en tenant compte des plafonds spécifiques aux TNS
  • Préparer la transmission du patrimoine professionnel en coordination avec la stratégie PER

Erreurs fréquentes à éviter

Plusieurs erreurs courantes peuvent compromettre l’optimisation fiscale du PER pendant la retraite progressive :

Négliger l’impact du changement de statut : Le passage en retraite progressive modifie les plafonds de déduction applicables, ce qui peut rendre nécessaire une révision de sa stratégie de versements.

Ignorer les possibilités de déblocage anticipé : Méconnaître les règles spécifiques au PER d’entreprise obligatoire concernant le déblocage en cas de retraite progressive peut conduire à manquer des opportunités d’optimisation.

Sous-estimer l’impact fiscal des retraits : Les retraits en capital du PER peuvent significativement augmenter le revenu imposable de l’année. Une planification inadéquate peut entraîner une hausse brutale de la pression fiscale.

Négliger la complémentarité entre les dispositifs : Une vision trop cloisonnée des différents produits d’épargne (PER, assurance-vie, épargne salariale…) peut conduire à des choix sous-optimaux.

Accompagnement professionnel : quand et pourquoi?

La complexité des règles fiscales applicables au PER dans le contexte de la retraite progressive peut justifier le recours à un accompagnement professionnel. Plusieurs situations appellent particulièrement une expertise externe :

Patrimoine diversifié : Lorsque le contribuable dispose d’un patrimoine diversifié (immobilier, valeurs mobilières, assurance-vie, PER…), une vision globale est indispensable pour élaborer une stratégie cohérente.

Situation fiscale complexe : Des revenus de sources variées, des investissements défiscalisants ou une activité professionnelle maintenue partiellement rendent pertinent un conseil fiscal personnalisé.

Enjeux de transmission : Lorsque la préparation de la transmission du patrimoine constitue un objectif prioritaire, l’articulation entre le PER et les autres dispositifs mérite une analyse approfondie.

Cet accompagnement peut prendre plusieurs formes : conseil en gestion de patrimoine indépendant, expertise d’un notaire pour les aspects successoraux, ou consultation d’un avocat fiscaliste pour les situations les plus complexes.

L’investissement dans un conseil professionnel se justifie d’autant plus que les choix effectués pendant la période de retraite progressive auront des répercussions durables sur la situation financière et fiscale du contribuable pendant sa retraite complète.

Perspectives d’Évolution de la Fiscalité du PER et Adaptation Stratégique

La fiscalité du PER et les règles relatives à la retraite progressive s’inscrivent dans un cadre législatif et réglementaire en constante évolution. Cette dynamique impose une veille active et une capacité d’adaptation stratégique pour optimiser sa situation fiscale dans la durée.

Évolutions législatives récentes et à venir

Plusieurs évolutions législatives récentes ont impacté ou pourraient impacter la fiscalité du PER en situation de retraite progressive :

Loi de finances : Chaque loi de finances peut modifier les règles fiscales applicables au PER, notamment concernant les plafonds de déduction, les modalités d’imposition des retraits ou les cas de déblocage anticipé. La veille des dispositions de ces textes annuels est indispensable.

Réformes des retraites : Les réformes successives du système de retraites ont un impact direct sur les dispositifs de retraite progressive. L’évolution des conditions d’accès à ce dispositif (âge, durée de cotisation) peut modifier substantiellement les stratégies d’optimisation du PER.

Jurisprudence fiscale : Les décisions des tribunaux, notamment du Conseil d’État, peuvent préciser l’interprétation des textes fiscaux applicables au PER et à la retraite progressive, créant parfois de nouvelles opportunités d’optimisation.

À titre d’exemple, la récente réforme des retraites de 2023 a modifié certaines modalités de la retraite progressive, avec des conséquences indirectes sur les stratégies PER associées. De même, des précisions administratives ont été apportées sur le traitement fiscal des transferts entre anciens dispositifs d’épargne-retraite et PER.

Scénarios d’évolution et stratégies adaptatives

Face aux incertitudes législatives et réglementaires, plusieurs scénarios d’évolution peuvent être envisagés, chacun appelant des stratégies adaptatives spécifiques :

Scénario de stabilité réglementaire : Si les règles actuelles se maintiennent, les stratégies décrites dans les sections précédentes conserveront leur pertinence. Dans ce cas, une planification à long terme peut être élaborée avec une relative sécurité.

Scénario de durcissement fiscal : Une réduction des avantages fiscaux liés au PER (diminution des plafonds de déduction, taxation accrue des retraits) pourrait conduire à privilégier d’autres véhicules d’épargne comme l’assurance-vie ou à accélérer les versements sur le PER pour bénéficier des règles actuelles plus favorables.

Scénario d’assouplissement des conditions de retraite progressive : Un élargissement des conditions d’accès à la retraite progressive pourrait créer de nouvelles opportunités d’optimisation du PER pour un public plus large.

Face à ces incertitudes, une stratégie adaptative, fondée sur une diversification des supports d’épargne et une flexibilité dans les choix tactiques, constitue souvent l’approche la plus prudente.

Veille informative et adaptation continue

Pour maintenir l’efficacité de sa stratégie fiscale concernant le PER pendant la retraite progressive, une veille informative structurée est indispensable :

  • Sources institutionnelles : Bulletins officiels des impôts, communications de la Direction Générale des Finances Publiques, sites des caisses de retraite
  • Publications spécialisées : Revues juridiques et fiscales, lettres d’information des professionnels du patrimoine
  • Réseaux professionnels : Échanges avec des conseillers en gestion de patrimoine, notaires, avocats fiscalistes

Cette veille doit se traduire par une révision périodique de sa stratégie, idéalement à un rythme annuel, en lien avec sa déclaration fiscale, ou à l’occasion de chaque modification significative de la législation.

Anticipation des changements de statut

La retraite progressive constitue par nature une phase transitoire. L’anticipation du passage à la retraite complète est donc un élément clé de la stratégie fiscale concernant le PER :

Planification des derniers versements : Les derniers mois de retraite progressive peuvent être l’occasion d’optimiser les ultimes versements déductibles sur le PER, en tenant compte des plafonds disponibles.

Préparation de la sortie : La stratégie de sortie du PER (capital, rente ou mixte) doit être affinée à l’approche de la retraite complète, en tenant compte de l’évolution prévisible des revenus et de la fiscalité applicable.

Coordination avec la liquidation des droits à retraite : Le timing de la sortie du PER doit être coordonné avec la liquidation définitive des droits à retraite pour optimiser l’impact fiscal global.

Cette anticipation permet d’éviter les décisions précipitées et de maximiser l’efficacité fiscale de la stratégie PER sur l’ensemble de la période, depuis l’entrée en retraite progressive jusqu’à la retraite complète.

La dynamique législative et réglementaire, loin d’être un obstacle, peut constituer une opportunité pour les contribuables vigilants et réactifs. Une approche proactive, fondée sur une veille informative rigoureuse et une capacité d’adaptation stratégique, permet de tirer le meilleur parti du cadre fiscal applicable au PER pendant la retraite progressive, malgré ses évolutions.